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« Une question choquante adressée à un climatologue » : ainsi s’ouvre l’enquête de Bruno Latour. S’il y a lieu de relever cette entrée en matière, c’est que l’intégralité de son ouvrage peut être interprétée comme une volonté d’expliquer la controverse qui est à la base de la « question choquante » qui suit : alors qu’un climatologue expose son point de vue sur l’origine humaine du bouleversement climatique à une quinzaine d’industriels français responsables du développement durable dans différentes sociétés, l’un d’entre eux lui demande : « Mais pourquoi faudrait-il vous croire, vous plus que les autres ? » Le chercheur se défend en affirmant que « si l’on n’a pas confiance dans l’institution scientifique, c’est très grave ». Voilà deux termes, la croyance et la confiance, qu’on a généralement du mal à appliquer à un domaine, celui de la science dite exacte, où l’objectivité se fonde plutôt sur des faits et des mesures. Habituellement, il ne s’agit pas de croire aux faits ou d’avoir confiance dans les mesures effectuées : ce type d’objectivité se donne comme manifeste et souvent comme indiscutable. Mais ici, l’industriel pose la question en termes de croyance : qui croire ? les climatologues qui expliquent scientifiquement l’origine humaine du réchauffement climatique ou les climato-sceptiques ? Et, chose non moins étonnante, le chercheur répond en termes de confiance en l’institution scientifique. C’est justement cette confiance dans l’institution que Latour se donne
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