Un des enjeux qui anime la communauté low-tech aujourd’hui est la question du juste passage à l'échelle. L’héritage technocritique rend insatisfaisante l’approche de diffusion centrée sur les objets par des mécanismes de marché, tandis que l’intrication des objets, démarches et valeurs ouvre de nombreuses voies variées possibles. Si la diffusion des objets eux-mêmes est lente en pratique, on observe en revanche une forte activité de conception du milieu sociotechnique de ces objets. Cette activité, nommée diffusion expansive, amène un élargissement des acteurs impliqués, ainsi qu’une expansion des objets, méthodes et organisations associées au mouvement low-tech.Certains acteurs critiques de l’approche centrée objets choisissent d’autres modèles d’action collective. On observe la conception collective et distribuée d’un parcours, qui agit comme dispositif d’action collective. Cette conception élargit le mouvement low-tech en impliquant de nouveaux co-concepteurs ainsi qu’en diversifiant les modes d’action des communautés low-tech. Cela permet aussi d’identifier des inconnus jusqu’ici impensés, qui ouvrent la voie à des transformations de l’organisation gérant les parcours locaux.En pratique, ce modèle d’action collective s’appuie sur la diffusion locale de la démarche low-tech auprès d’acteurs socio-économiques. Cette nouvelle échelle et ces nouveaux acteurs questionnent les pratiques existantes de transmission et y ajoutent une dimension collective. On observe une forme de diffusion proche à la fois des mouvements sociaux (idées et comportements) et de la conception sociotechnique, qui prend pour support l’expérimentation. On assiste ainsi à une double transformation de la communauté low-tech : celle prévue par l’outil d’action collective, et celle provoquée par la conception de cet outil.
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