L’analyse archéozoologique et technologique du mobilier funéraire de la Dame de Saint-Germain-la-Rivière (15 570 ± 200 BP) et sa comparaison avec les objets de parure et la faune découverts dans ce même gisement ainsi que dans les sites et sépultures contemporains révèlent le caractère exceptionnel de cette inhumation. Le grand nombre de craches perforées et la préférence pour des craches de jeunes cerfs mâles qui caractérisent le mobilier de la sépulture contrastent avec l’extrême rareté de cette espèce dans les sites contemporains du Sud-Ouest de la France. La rareté et l’origine probablement exotique des craches, le faible nombre de craches appariées et l’homogénéité technique et morphologique de la collection suggèrent que ces dents ont été acquises par échange sur longue distance et qu’elles devaient représenter des objets de prestige. A l’instar de ce que l’on observe chez certaines populations de chasseurs-cueilleurs et en contradiction avec le caractère supposé égalitaire des sociétés paléolithiques, ces objets pourraient avoir été utilisés pour marquer l’appartenance de cette femme à un groupe social privilégié.
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