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S'il existe une question féministe qui mérite approfondissement parce qu'elle est compliquée et recouvre des enjeux fondamentaux pour nos existences, c'est bien celle des imbrications structurelles entre l'oppression fondée sur le sexe et les oppressions fondées sur l'appartenance à une race, ethnie ou culture, regroupées ici sous l'appellation « racisme ».Nouvelles Questions Féministes revient ainsi, dans le présent numéro, sur la thématique amorcée dans le premier volume de cet ensemble de deux numéros consacrés au sexisme et au racisme 1 .En effet, qu'il s'agisse de l'imposition du voile ou de son interdiction, de la prostitution, des mariages non consentis, des violences ou des discriminations sur les lieux de travail, l'oppression sexiste ne s'inscrit ni ne se lit dans le corps abstrait de « la femme » universelle et anhistorique, mais dans celui de femmes particulières et particularisées, dans un contexte social déterminé, caractérisé par d'autres rapports de domination.Parallèlement, le racisme n'est pas une simple disposition psychologique de rejet s'exerçant à l'encontre d'un « Autre » abstrait et asexué : les manifestations du racisme (qu'il s'agisse des discours qui construisent et simultanément stigmatisent des « minorités » ou de pratiques discriminatoires) sont inscrites dans le système patriarcal.En cela, elles sont modelées, façonnées, construites par le sexisme.Cela ne signifie pas que le sexisme, en tant que système social, précède le racisme (il n'est pas ce qui le génère), mais qu'il lui confère toujours une configuration particulière et 1.Le premier était le Vol. 25, N o 1, publié au début de l'année 2006.
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