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Les participes, telle est la partie importante du discours qui va nous occuper ; les participes, l'épouvantail des enfants, la ressource consolante de l'ignorant pédagogue, le sujet de méditation du vrai grammairien !(Bescherelle, Bescherelle et Litais de Gaux, Grammaire nationale, 1852, p. 667) Il sera ici question de l'accord du participe passé en français quand il est employé avec l'auxiliaire avoir ou quand il fait partie d'une forme pronominale.Ce colloque nous offre la possibilité de revenir sur une question ancienne, trop souvent éludée parce qu'elle semble rattachée à la sphère de l'école et de l'apprentissage de l'orthographe, elle-même perçue comme une discipline scolaire et non linguistique.Nous partirons de deux observations.19 novembre 2007 : un groupe d'une vingtaine de professeurs stagiaires de Lettres travaille, dans un IUFM de France, sur un sujet de brevet donné en juin 2007.L'objectif est d'établir, à partir de l'examen du sujet, une liste de savoirs et de savoir-faire attendus en fin de scolarité au collège.Arrive l'exercice de réécriture (noté sur 4 points ; la dictée en vaut 6).La consigne est la suivante : « En vous voyant entrer, je me suis douté de quelque chose, j'ai envoyé à la mairie, et voici ce qu'on m'a répondu » : Réécrivez le passage au plus-que-parfait en passant de la première personne du singulier à la troisième du pluriel.Il apparait très vite que personne dans la salle n'est capable d'affirmer que la forme attendue est ils s'étaient doutés de quelque chose ou ils s'étaient douté de quelque chose.Première question : comment se peut-il que ce point soit si mal assuré chez ceux qui sont chargés de l'enseigner alors qu'il est évalué en fin de scolarité obligatoire ?20 novembre 2007 : le président de la République intervient au congrès de l'Association des maires de France.Voici ce qu'il donne à entendre à propos de la réforme de la carte judiciaire : « Cette réforme / je l'avais promis / j'ai demandé au Garde des Sceaux de la mettre en œuvre / elle l'a mis en œuvre avec courage ».Les deux participes passés promis et mis se détachent très nettement, ils sont au masculincela ne fait aucun doute.Alors que le premier est acceptable (je l'avais promis = j'en avais fait la promesse), on attend le féminin mise, en vertu de la fameuse règle d'accord du participe passé employé avec avoir.Deuxième question : comment se fait-il que le président de la République, qui pèse chacun de ses mots, expert en discours s'il en est, se soit volontairement affranchi de cette règle, emblématique du français ?Que pouvons-nous, linguistes, en tirer comme conclusions ?Le désarroi des jeunes enseignants de français, en insécurité quand on leur demande d'écrire ils s'étaient doutés de quelque chose et l'actualité politique nous fournissent l'occasion de réenclencher et de nourrir la réflexion linguistique sur cet accord importé d'Italie au XVI e siècle et qui nous semble fortement vaciller en ce début de XXI e siècle, tant les exemples sont nombreux aujourd'hui du non respect de cette règle, le symbole même de la normativité.
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