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Dans un pays où règnent un bilinguisme officiel et un bijuridisme d’État, la traduction n’est jamais loin et l’opération traduisante passe alors obligatoirement par la comparaison des droits. Ces deux activités sont plus étroitement liées qu’on ne le pense. Aussi n’est-il guère étonnant que, parmi les comparatistes, on trouve des spécialistes avertis de la traduction juridique et que des traducteurs soient formés à la jurilinguistique. Le Canada s’est illustré de longue date dans ces deux domaines. En deux siècles de pratique, il a décliné toute la gamme de procédés et méthodes de traduction de ses textes juridiques. À l’origine, littérale et servile, la manière de traduire est aujourd’hui plus libre. L’équivalence – dont nous évoquons la saga – est devenue « fonctionnelle » ; la corédaction (bilingue anglais-français) est apparue dans le processus de production des lois. Mais l’équivalence des textes n’en est pas moins problématique et la question de l’interprétation du texte, traduit ou corédigé, n’est pas tranchée pour autant. En droit, l’opération traduisante requiert le savoir-faire du jurilinguiste pour produire l’équivalence « fonctionnelle » des textes, soit un rapport harmonieux entre la lettre et l’esprit du message que porte le droit. On avancera que le traducteur-jurilinguiste peut produire, au terme de son analyse, la « haute » traduction que, selon R. Sacco, seul un comparatiste peut produire.
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