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Cet article étudie la réception de l’art islamique, et en particulier persan, dans l’Angleterre du dix-neuvième siècle. Si l’Orientalisme a souvent été abordé dans ses formes d’expression idéologiques, littéraires, ou picturales, ses manifestations à travers la culture matérielle en revanche ont moins retenu l’attention — du moins jusqu’aux développements les plus récents de l’historiographie et de la recherche muséographique, qui commencent à retracer les premières étapes de la constitution de vastes collections nationales d’art oriental. Cet article poursuit les mêmes interrogations mais en se concentrant sur les collections privées, qui nous en disent sans doute plus sur les motivations et les goûts individuels, la logique d’acquisition des objets, et les petits cercles d’amateurs dans lesquels s’échangeaient idées et œuvres d’art. L’article passe en revue certaines des difficultés méthodologiques d’une telle recherche, avant de présenter une typologie générale des divers « profils » de collectionneurs d’art islamique, depuis les « connaisseurs » les plus en vue jusqu’aux amateurs plus modestes, possédant seulement quelques beaux objets, mais dont les « histoires connectées » permettent de recréer certains des réseaux artistiques et sociaux dans lesquels se diffusa le goût oriental. Un événement particulier, la première exposition d’« art arabe et persan » organisée à Londres en 1885, sert à illustrer tout le parti qui peut être tiré d’une telle approche.
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