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Selon la loi française, les bidonvilles sont qualifiés de locaux « insalubres et irrécupérables ». La réapparition des bidonvilles depuis les années 2000 a conduit les pouvoirs publics à développer des réponses : l’éradication simple, le plus souvent, et parfois le relogement de leurs occupants, dans des dispositifs généralement temporaires. Le développement de ces structures, faites de bungalows ou de préfabriqués éphémères, ne laisse pas d’interroger : comment expliquer ce continuum, le choix de l’administration de reloger des habitants issus de locaux irrécupérables, dans des logements eux-mêmes destinés à la démolition ? Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur une enquête qualitative réalisée à Saint-Denis (93) sur le relogement des habitants du bidonville du Hanul dans le courant des années 2010. Nous analysons d’abord en quoi la notion d’irrécupérabilité peut s’appliquer non seulement aux bidonvilles, mais aussi aux locaux mis à disposition pour le relogement de leurs habitants. Nous montrons ensuite comment ce type de relogement peut paradoxalement contribuer à l’exclusion des populations relogées en les rendant également « irrécupérables » aux yeux de leur environnement.
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