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À partir des années 1850, le gouvernement fédéral canadien mit en œuvre le système des pensionnats autochtones, dans le cadre de son programme de « civilisation » des Amérindiens et des Inuits. Au Québec, ces pensionnats ouvrirent un siècle plus tard et furent gérés, jusqu’à leur fermeture, par des religieux catholiques. Dans la littérature sur le sujet, souvent focalisée sur les abus psychologiques et physiques, une perspective a été peu développée : l’idée que la conception eurocanadienne de la condition d’enfant et de l’éducation entrait en conflit avec celle des autochtones. Je défends cette proposition en prenant l’exemple du pensionnat indien d’Amos, en Abitibi, dont j’ai interviewé d’anciens élèves algonquins. Après avoir expliqué le projet d’assimilation canadien, j’examine d’une part la conception algonquine de l’éducation, d’autre part celle des religieux en charge des pensionnats. Enfin, je suggère que l’éducation dans les écoles canadiennes est toujours peu adaptée aux façons de penser amérindiennes.
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