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Si la pratique de la dialectique entretenue par Cicéron a été souvent analysée à l’échelle de ses traités philosophiques ou rhétoriques, son étude dans le cadre de la correspondance n’a pas été encore entreprise alors que plusieurs aspects de ce corpus pourraient justifier une telle approche. Toutefois, tout en faisant droit à des considérations parfois très techniques, la correspondance n’est pas un corpus de nature théorique et la dialectique qui y figure, d’ascendance tantôt académicienne, tantôt péripatéticienne, tantôt stoïcienne, apparaît souvent comme l’écho assourdi de celle qu’il décrit dans ses ouvrages rhétoriques ou philosophiques soit pour la louer, soit pour la fustiger – en particulier dans sa polémique contre le Portique. Notre article porte sur la présence hétérogène et diffuse, parfois ténue, dans un corpus de lettres dont la majorité n’étaient pas destinées à être publiées et n’étaient donc pas conçues comme de courts traités portant sur des concepts philosophiques ou des questions techniques de logique, d’une discipline, la dialectique, sur laquelle Cicéron lui-même portait un jugement nuancé, la considérant tantôt comme un outil pour l’orateur, propice à renforcer l’abondance et la richesse de son style, tantôt comme un instrument indispensable à la rigueur de la réflexion philosophique. Après une étude du vocabulaire et des procédés de la dialectique chez Cicéron dans l’ensemble de ses œuvres puis dans ses épîtres, nous analysons l’influence de la disputatio in utramque partem sur la correspondance ainsi que la dimension dialogique, et parfois agonistique, de cette dernière.
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