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Les paysans et les paysages sont souvent associés, dans les discours des pouvoirs publics, mais aussi dans des travaux de recherche issus de disciplines variées (agronomie, géographie, paysage…). Pourtant, une lecture attentive de ces différents discours soulève des interrogations. En effet, la vie quotidienne des paysans dans leurs fermes, en relation avec d’autres êtres vivants, des outils, des phénomènes climatiques, des plantes, des cours d’eau, etc., n’apparaît pas. Ce quotidien disparaît systématiquement lorsque l’on opère une montée en généralité afin de produire un discours plus théorique. Pourtant, les fermes semblent être des lieux où se jouent chaque jour de très nombreuses interactions entre des paysans et toutes sortes d’êtres et de choses, qui, en s’assemblant de manière singulière et mouvante, font paysage. C’est dans cette perspective que l’on parlera de ferme-paysage. Mais alors, comment parler du paysage en train de se faire dans ces fermes ? En s’appuyant sur une longue enquête en Pays basque intérieur, cet article propose d’explorer l’hypothèse suivante : l’observation et la description de ce qui se passe, qui fait paysage, dans ces fermes sont deux conditions primordiales pour saisir le pouvoir d’agir de ces fermes-paysages, dans une perspective d’action paysagère/paysagiste plus située, riche, complexe et « opérationnelle ». La méthode de l’enquête, expérimentée pour répondre à cette hypothèse, donne des résultats qui seront envisagés ici comme autant d’enjeux méthodologiques, mis en perspective dans le cadre d’une recherche plus académique.
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