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Fruit du conflit plusieurs fois séculaire entre les producteurs et le négoce, le terroir vitivinicole est né de phénomènes de « distinction » qui en Bordelais donnent les « crus ». Ces terroirs de production identifiés, il fallut les faire durer, face à conjoncture, face au négoce. Les réussites les plus nettes sont le résultat d’un projet collectif dont l’AOC à la française est l’une des plus spectaculaires. Renforcer le terroir, compris comme un espace de production géré par les producteurs, devient alors une des conditions essentielles de la durabilité du système. L’avenir des AOC réside sans doute dans une meilleure gestion du conflit négoce/production par l’interprofession mais aussi (surtout !) dans un renforcement de la gestion de la production au sein de l’aire de production qu’est le terroir. L’avenir du terroir relève de la gouvernance de cette aire de production avec trois partenaires : la puissance publique (INAO), l’interprofession et le syndicat des producteurs. Se pose dès lors la question du partage des compétences et la durabilité des AOC paraît liée en grande partie à une définition claire du rôle et donc du statut des syndicats de producteurs, à une véritable gouvernance locale, seule capable de donner du sens à l’ancrage géographique des vins dits de « terroir ». Mais alors ne faut-il pas impliquer un troisième partenaire, la société locale toute entière à travers ses représentations démocratique et associative ?
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