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L’article présente la problématique de ce dossier sur les temps sexués de l’activité. Il s’agit d’aborder l’activité − dans une acception large du travail, rémunéré ou non, plus ou moins visible, dans son articulation avec l’ensemble des sphères de la vie − comme miroir de l’imbrication du genre et des temporalités. Deux postures y contribuent. La plus classique consiste en une sociographie de la division sexuelle du travail où le temps sert à mesurer les inégalités. Il faut la compléter par une deuxième qui interroge les catégories temporelles : on montre ainsi que les temporalités sont au principe du système de genre. Ici le temps, appréhendé dans sa diversité et notamment ses dimensions qualitatives, résulte des pratiques et est posé comme producteur de rapports de pouvoir. La domination masculine repose sur la construction du rapport au temps : la naturalisation des compétences dites féminines s’appuie sur une temporalité basée sur le rapport à l’autre et l’engagement dans la durée. Les perspectives théoriques autour du care et de la présence sociale permettent de montrer les implications morales de l’engagement pour autrui dans ses dimensions temporelles (sens de l’anticipation, disponibilité à l’autre, ancrage dans la durée, temporalisation). Les auteurs exposent ensuite la manière dont chacune des contributions du numéro alimente cette discussion.
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