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Depuis une trentaine d’années, un nouveau style musical urbain se développe au Caire porté par la croissance du marché des cassettes audio, sous la férule du chanteur Ahmad Adawiyya, parfois surnommé « le prince de l’Infitah », période d’ouverture économique de l’Egypte faisant suite au socialisme nassérien. L’analyse de ce courant musical souvent qualifié de « populaire » est l’occasion d’introduire aux usages et significations de cette notion ambiguë dans la musique égyptienne. Cela conduit à envisager la façon dont les acteurs du monde de la musique en Egypte s’orientent s’accordent ou s’opposent pour en délimiter les frontières. Ce processus dynamique s’effectue dans le cours des interactions et les statuts sont négociés dans un contexte de domination culturelle des milieux académiques et officiels. Celle-ci se traduit par un regard stigmatisant qui déborde le domaine de la production culturelle pour englober les habitants des quartiers d’où sont issues ces musiques, souvent considérés comme inaptes à partager l’espace public. Sur les questions « onomastiques » et musicales se greffent ainsi des enjeux liés aux frottements entre une culture « endogène» développant ses propres réseaux à partir des quartiers populaires et une culture officielle soucieuse d’authenticité, de bon goût esthétique et « d’urbanité ».
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